Sport associatif : management, difficultés, enjeux à Montpellier

Le Défi

Constat :

Bénévolat

  • Le bénévolat en France traverse une crise qui trouve ses origines dans plusieurs causes.
  • la vocation du bénévole souffre de la nature précaire du statut qui apporte peu de gratifications et de reconnaissance mais engendre cependant beaucoup de responsabilités.
  • On demande aux bénévoles des clubs d’être créatifs, gestionnaires, de faire sur certains horaires de la garderie d’enfants.
  • Les conditions de travail précaires de ces derniers font peser sur eux un risque lié à leurs responsabilités. Ceci est une pression supplémentaire pour les bénévoles et un facteur de découragement. 

Finances

  • le sport amateur vit entre autres de subventions publiques, et souffre des restrictions budgétaires. 
  • Au niveau financement de l’Etat, les subventions aux fédérations sportives et le budget consacré aux jeunesses et aux sports ont baissé
  • Les clubs amateurs ont peu de ressources propres. Ils n’ont pas suffisamment de marge de manœuvre pour équilibrer leurs budgets. 
  • Les lignes de dépenses progressent, préemptées par les obligations vis-à-vis des fédérations et les dépenses obligatoires liées à la vie de la structure. 
  • Le sport professionnel de haut niveau connait quelques difficultés aussi. Pour certains clubs, le déficit est quasiment structurel et l’appui des collectivités reste nécessaire. Le déficit est un cercle vicieux. Il est indexé sur les résultats du club et les droits de télévision qui s’y rattachent. Ainsi un club qui termine mal classé à la fin de la saison, voit ses revenus diminuer alors que son budget lui reste constant. 

Lien social

  • La recherche de la performance et du résultat sportif chez les autorités occulte le principal bénéfice du sport qui est le lien social. Le sport n’est pas reconnu comme une culture qui apporte du lien social et de la mixité. 
  • 63% des français font du sport, mais dans les pratiques sportives, il y a une différence de 15% à 20% entre les classes sociales. 

A Montpellier

  •  La non- disponibilité d’équipements de qualité freine l’émergence de nouvelles pratiques sportives à Montpellier. Il y a une tension sur les créneaux. 
  • Le stade de rugby GGL Stadium, est utilisé une vingtaine de jours par an par le club , et le reste du temps, pour 70 millions d’euros d’investissement en 2007 réalisés par la collectivité, le stade n’est pas utilisé par le club. 
  • De façon globale c’est un manque d’infrastructures de proximité qui fait défaut à la ville de Montpellier. Il manque 15 à 20 stades de foot et de rugby de quartier sur Montpellier. Sans parler des infrastructures pour les autres sports.
  • Le fonctionnement des sections amateurs des clubs professionnels dépend aussi largement de la contribution des bénévoles (médecins, préparateurs, éducateurs…). Pour exemple, le MHR de Montpellier compte un nombre très important de joueurs amateurs pour lesquels intervient une diversité de bénévoles médecins, préparateurs, éducateurs…cette section qui a une mission éducative et sportive vit essentiellement des subventions du département et de la Métropole.

Notre opportunité

  • Le tissu associatif français est parmi les plus denses au monde. Pour le faire vivre, de nombreux acteurs dont des bénévoles qui consacrent leur temps et leurs compétences aux clubs professionnels et amateurs. Au niveau national, on dénombre plus de 20 millions de bénévoles soit près de 36,8 % de la population.
  • Le projet de nouvelle gouvernance du sport au niveau national propose de rénover le modèle sportif français apportera peut-être une réponse à cette crise du bénévolat. D’un système bipartite dans lequel l’Etat et les fédérations étaient seules parties prenantes, on passerait à un système multipartite où de nouveaux acteurs à savoir les collectivités territoriales (25% d’élus des collectivités territoriales) et les partenaires privés (sponsors, mécènes…) trouveraient également leur place. 
  • Les clubs professionnels comportent des sections amateurs qui sont des viviers pour la partie professionnelle. 
  • La valorisation d’un équipement comme le stade de rugby est autour de 26 millions par an, en retombées économiques. 
  • Les JO 2014 en France sont une opportunité unique de mettre le  projecteur sur les associations de proximité et discuter de la place du sport amateur dans le sport français
  • L’office départemental des sports est une structure de concertation qui aide à apporter des entraineurs ou des éducateurs aux clubs amateurs, etc. 
  • Des compétences dans les collectivités au conseil départemental, à la métropole, à la ville de Montpellier. Il y a donc beaucoup de possibilités avec ces ressources.
  • La valorisation des acquis de l’expérience, peut être utilisé pour les bénévoles comme tremplin professionnel

Nos Idées à débattre


  • Le statut du bénévole pourrait évoluer à la faveur de la réforme de la gouvernance car il est important à définir, de même que la question des moyens. Cela pourrait passer par l’édiction d’une charte du bénévole et donc par la reconnaissance de ce statut, aujourd’hui ingrat, à travers la formation, la valorisation des compétences et la prise en charge de certains frais. 
  • Donner la priorité à la pratique du sport de proximité. Pour cela, il faut des infrastructures de proximité ;
  • Mutualiser les moyens c’est-à-dire les équipements appartenant à l’Etat et aux collectivités. Par exemple : accès libre aux équipements de l’éducation nationale les week-ends et pendant les vacances scolaires. Il s’agit là d’une politique d’optimisation des moyens existants ;
  • Renforcer les subventions aux sports amateurs  et pour garder les équilibres financiers réduire celles des clubs « pro ».
  • Mais en contrepartie, transférer l’exploitation des équipements des collectivités territoriales vers les clubs professionnels pour que ces derniers absorbent les coûts de l’amortissement et de l’entretien en valorisant économiquement les biens pendant et hors-saison ; avec par exemple dans le contrat d’exploitation, une obligation d’animations sociales et de mixité.
  • Pour les clubs amateurs passer une convention d’objectif avec une prise en charge partielle des prix des licences pour le sport afin de le rendre plus accessible à tous.
  • Reconnaitre et valoriser les compétences des bénévoles car le bénévolat est une activité professionnelle non salariée ; la collectivité doit s’engager dans des démarches valorisantes. Un objectif cadre avec un gagnant/gagnant entre les clubs et la collectivité doit être établi pour le bénévolat  du type, édicter une charte du bénévolat incluant entre autres la compensation et/ou prise en charge de certains frais ; 
  • Voir les capacités de récupération des transports disponibles les week-ends  via la TAM pour faciliter le cheminement entre les clubs et les lieux de compétitions. Enjeu majeur pour l’avenir et la sécurité des clubs. 
  • Le soutien financier d’une collectivité au sport professionnel pourrait se faire par l’achat d’abonnements auprès des clubs professionnels pour offrir aux bénévoles des clubs, et par ce biais leur donner une forme de reconnaissance
  • Ouvrir les écoles pendant les vacances scolaires, pour y accueillir les activités des clubs sportifs amateurs
  • Le prix des licences sportives étant très élevé pour les clubs amateurs, la gestion des fédérations est certainement optimisable pour réduire cette pression financière sur les clubs de proximité

Revoir le débat

Retrouvez le Live Video de la rencontre, diffusé sur Youtube